Le point de fuite du système, c'est le crédit, c'est lui qui ouvrait les perspectives, les rallonge, les étend.

Les années 80 sont le point de fuite final du système: le spectaculaire intégré. Ses images, son décor, sont celles où il s'auto-absolutise dans sa niche, TON CERVEAU.
Pas d'autre chemin possible pour le capital, sa survie augmentée de bulle en bulle: le chibre de la bêtise, la puissance rapace, piratage sans partage, aura ramonné la réalité jusqu'au tréfonds.
on a tout bouffé, on s'est bâfré, d'excuses, de riens, de déviations, tout pour rien.
Il n'y a plus de perspective pour le système: le point de fuite est épuisé. La représentation est abolie et le spectacle s'écroule, des lambeaux d'habitudes charrient les tenaces relations, appauvris,
désormais même les requins balancent.
LES GENDRES ROUGES
Affichage des articles dont le libellé est oubli. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est oubli. Afficher tous les articles

jeudi 27 octobre 2011

CAPITALISME 80'S: LA FUITE EN AVANT NÉOLIBÉRALE




Au cours des années 80 commençait à se dessiner peu à peu un monde nouveau, traçant un horizon vers une société à venir, dont les enjeux principaux devenaient la responsabilité individuelle, l’entrepreneuriat, la mondialisation, la concurrence.



Cette transformation économique et sociale s’est tout d’abord présentée à nous comme une réalisation miraculeuse de nos aspirations personnelles, avant de devenir la contrainte indépassable que nous connaissons aujourd’hui. Et lorsqu’elle a du alors se légitimer, elle chercha à se justifier comme étant un concours complexe de circonstances, comme étant le dur retour à la réalité après la sortie des idéologies, l’entrée dans la modernité, un progrès dont nous ne serions plus capable de nous passer, ou encore comme la nécessité de s’adapter à un monde qui a tourné à la catastrophe chaque fois que nous avons tenté de le changer.


Dans un cas comme dans l’autre, nous étions faits. C’était des événements qui nous dépassent, nous englobent, nous emportent. Et si vraiment l’être humain devait avoir quelque chose à voir avec cela, ce n’était pas parce que quelques uns ont voulu ces changement et ont réussi à les produire, mais parce que c’était finalement l’aboutissement naturel de la société humaine, et sans doute le moins pire. Nous étions donc tous pris à parti, tous acteurs, et tous responsables.

Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique, et François Denord, sociologue et chercheur au CNRS, font l’analyse de cette période réactionnaire qui dure encore jusqu’à aujourd’hui. Ils ont travaillé à décrire le néolibéralisme et à l’inscrire dans l’histoire humaine, qu’il a pourtant prétendu transcender.
Grâce à leurs recherches on constate alors que, comme tout mouvement de pensée et d’action, le néolibéralisme a eu ses crises, ses théoriciens, ses agents, ses dates, ses luttes, ses défaites, ses victoires.
Et qu’il a marqué une rupture décisive avec le libéralisme en reconsidérant complètement le rôle de l’Etat. En le plaçant au centre de la conquête de la liberté économique capitaliste c’était faire d’une pierre deux coups, car les catastrophes à venir allaient renouveler les prétextes à poursuivre la même politique.

vendredi 27 mai 2011

LECTURES 80

Sur le « silence assourdissant » de cette petite bourgeoisie intellectuelle dans les années 80, du temps où le PS menait la politique reagano-thatcherienne en France », Jean-Pierre Garnier a écrit sur le sujet avec Louis Janover deux bouquins: « La deuxième droite » (Robert Laffont) et « La pensée aveugle » (Spengler). Si vous pouvez vous les procurer... Il en ressort que ce qu’on appelle les « intellectuels » ont non seulement massivement gardé le silence face à l’alignement des gouvernants « degôche » sur les « critères de convergence » édictés par le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et l’eurocratie, et la politique de régression sociale qui en découlait, mais, en ce que concerne nombre d’entre eux, des « nouveaux philosophes » aux têtes pensantes de la revue esprit, célébré ce tournant « réaliste » qui rompait avec les « vieux schémas révolutionnaires ». Il faut savoir que les intellos fonctionnent comme une caste qui se considère détentrice du monopole de l’intelligibilité du monde. Étant donné qu’une appropriation collective du savoir et de la capacité à réfléchir ferait d’eux des prolétaires, certes émancipés mais cependant comme les autres, il va falloir leur montrer la voie: la sortie ou la ré-forme.

mercredi 25 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (lecture d'actualité)

« Pour que ‘mai 68’ puisse devenir ce mythe fondateur de notre modernité politique (mythe dont toute critique est sacrilège), il a bien évidemment fallu en gommer les aspects effectivement anticapitalistes (grèves ouvrières, redécouverte d’identités régionales et populaires refoulées, accès à la parole de groupes sociaux qui avaient jusque-là été tenus à distance par les maîtres de la société, expérimentations de formes de vie en rupture avec les contraintes habituelles de la consommation, etc.). Chacun peut constater, d’ailleurs, que si le système a immédiatement valorisé l’ »imagination au pouvoir » des contestataires (imagination qui allait, comme on le sait, faire très vite ses preuves dans la publicité, le showbiz et la communication), la figure de 68 la plus efficacement ridiculisée par les médias officielles fut assez rapidement celle du « baba cool », parti élever ses chèvres en Lozère et dont l’apport à la croissance du Capital était, de ce fait, beaucoup trop limité pour lui valoir les honneurs de la gauche. »
Jean-Claude Michéa, Orwell anarchiste tory, climats, Flammarion, 2008, p 139-141